samedi 12 février 2011

Et si les journées avaient moins de 24h...

Ces temps-ci, je trouve toujours le temps long. Ce n'est pas que je suis particulièrement déprimé ou quoi que ce soit, mais je m'ennuie. Je ne suis pas particulièrement fasciné parce que j'étudie à l'Université, j'ai une vie amoureuse inexistante, et ma transition piétine.

J'aimerais pouvoir appuyer sur "FastForward" et arriver à ma date de mastectomie. Non, je ne la connaît pas encore, mais je voudrais-y être. Je crois que c'est ce qui me fatigue le plus ces temps-ci: attendre que le téléphone sonne. Une fois les heures de bureau terminées, j'ai juste envie d'être au lendemain pour savoir si je vais enfin avoir mon téléphone. Ça ne règlerait pas tous mes problèmes, mais il me semble que ça ferait du bien d'avoir un peu de joie ces temps-ci.

Je me plains tout le temps, je sais XD Je ferai en sorte que mon prochain message soit plus joyeux.

lundi 7 février 2011

Coming out inversé

C'est temps-ci je suis en train de vivre toutes sortes de choses en dehors de ma transition, des choses qui me font me rendre compte de l'importance du coming out inversé. Le fait de reveler votre passé à des gens qui vous connaissent seulement post-transition.

Quand je suis entré à l'Université en septembre, mon nom était presque changé officiellement, j'avais un passing assez bon pour que personne ne doute que j'étais un garçon. Je passais seulement pour un gars pas très viril. Je ne crois pas que personne ne soupçonne que je suis trans.

Sauf qu'il arrive un moment ou il faut en parler. Je développe des nouvelles amitiés de plus en plus proches et je me sens un peu mal de devoir "cacher" comme ça une partie de ma vie. C'est dans cette optique que j'ai fait mon coming out inversé à ma colocataire, avec qui je vis depuis maintenant 5 mois.

Je crois qu'elle était un peu sous le choc. Au départ elle ne me croyait pas, mais force a été d'admettre que je lui disais la vérité. Je ne crois pas qu'elle l'a mal pris, mais évidemment sur le coup ç'a été un choc. Elle était au courant de la situation trans, ayant connu quelqu'un en questionnement.

Pour moi, ce coming out a fait un peu mal. Ça fait mal de dire que tu n'es pas ce que les gens considèrent comme un homme complet, de devoir répondre à la question:"As-tu un pénis?". Contrairement à mes coming out précédents qui me faisaient sentir libéré, celui là a juste créé un espèce de vide en moi.

Je me sens mal. J'aurais tellement dû me la fermer.

mercredi 26 janvier 2011

Anxiété téléphonique et les stéréotypes sexuels

Non, en effet, pour ceux qui se demandaient, les deux éléments du titre n'ont rien à voir ensemble, c'est juste que je voulais parler de deux trucs dans le même post ;)

J'ai parlé, surtout dans mes premiers posts, de la phobie du téléphone que j'avais. Je crois que c'est le cas pour beaucoup de monde, mais je déteste appeler, pour quelque raison que ce soit. Avant d'être hormoné surtout, commander ou réserver une place au restaurant par téléphone était un enfer, en plus que je suis (ou plutôt était) d'une timidité maladive. Et puis me faire prendre pour ma mère ou mes soeurs au téléphone, c'était jamais agréable.

Je remarque que maintenant que je suis hormoné et que je n'ai plus de problème a passer pour un homme, j'ai beaucoup plus confiance en moi et je suis plus porté à aller vers les autres, même si je reste gêné. Et ça se ressent beaucoup au téléphone. Je suis rendu pas mal bon pour téléphoner! En plus, maintenant on me prend pour mon frère ou mon père :)

Mais en me débarassant de cette phobie du téléphone, un nouveau mal est arrivé. Toujours avec mon copain le téléphone. Comme j'en parle sans arrêt à cause de mon impatience, j'attend un téléphone de la clinique du Dr Brassard pour connaître ma date de mastectomie et savoir si ma demande de remboursement a été acceptée ou non. On m'a dit de compter 3 à 4 mois pour avoir ce téléphone: ça fera 4 mois demain que j'attends. Résultat? Comme je sais que je devrais être appelé bientôt, je ne me sépare plus de mon cellulaire, je regarde les appels manqués à toutes les 10 minutes, et je manque de faire une crise cardiaque à chaque fois que j'ai un appel. Très peu de gens connaissent mon numéro de cellulaire, donc on ne m'appelle jamais. Mais depuis un mois, je reçois sans arrêt des appels et chaque fois j'ai des faux espoirs.

Je déteste le téléphone. D'ailleurs, pendant que j'écris ce message, je lui lance des regards méchants.

Deuxième sujet, les fameux stéréotypes sexuels. J'ai un cours de psychologie cette année à l'Université, dans lequel nous avons abordé les stéréotypes sexuels et les attentes de la société par rapport au sexe. Je vous laisse deviner que la vidéo sur le sujet m'a fait grincer des dents, mais jamais autant que les commentaires de quelques étudiants du groupe.

Quand j'étais jeune, j'ai subi les gens qui me posaient sans arrêt la question "Es-tu un gars ou une fille?" et ça m'a toujours profondément écoeuré. Donc quand j'entendais mes merveilleux collègues se poser la question par rapport à un gars au cheveux long dans le vidéo, mon agressivité a monté d'un cran. Mais qu'est-ce que ça change, bon sang? Ils auraient pu juste garder ça pour eux, au lieu de faire des commentaires désobligeants que je me passerai de répéter.

Le pire, c'est que c'est ces gens là après qui disent qui ont été victime d'intimidation et qu'ils s'en sont sorti grâce à leur humour. Je pense plutôt qu'ils se servaient de leur "humour" pour intimider les autres.

Voilà, je ne sortirai donc jamais du garde-robe à l'école. Je suis déjà un "nerd", un nerd trans, ce serait bien pire.

lundi 17 janvier 2011

Vivre dans la peur

Récemment, à l'émission Deux filles le matin, ils ont fait un spécial sur l'intimidation, principalement dans les écoles. Un jeune trans est venu y parler de l'intimidation dont il avait été victime, et je ne pouvais pas ne pas en parler. Quelques uns de mes proches ont vu cette émission et ont trouvé affreuse la violence dont le jeune homme a été victime.

Je trouvé inhumain qu'on insulte, batte ou rejette un autre humain parce qu'il fait le choix de vivre comme il le veut réellement. Je comprend le courage dont ce jeune a eu besoin pour sortir du placard et il ne méritait pas de se faire traiter comme ça.

Des réactions violentes comme ça font peur. Et après on se demande pourquoi encore aujourd'hui, en 2011, les gens ont peur de vivre au grand jour leurs différences. C'est clair que ce n'est pas tout le monde qui est stupide et qui ne comprend rien, mais peu importe qu'on soit trans ou non, on va tous rencontrer quelqu'un comme ça sur notre chemin.

C'est une des raisons qui fait que je ne veux pas sortir du placard à l'école. J'ai la chance de "passer" et de vivre en homme sans problème, et sortir du placard comme trans ne pourrait que me faire du mal. Oui, j'ai peur. Peur des gens qui pourraient ne plus vouloir parler à un "monstre" comme ça. Peur d'être rejeté. Peur de devenir le "trans de service". Peur de passer pour un extra-terrestre.

J'ai rencontré dans ma vie plusieurs personnes homosexuelles qui n'ont pas peur de s'affirmer en tant que tel. Je ne peux que saluer leur courage et je les admire beaucoup. Je rencontre des personnes comme ça à l'Université, et j'espère que d'ici la fin de mon BAC, j'aurai le courage de leur dire que leur courage m'inspire, parce que moi aussi, je dois composer avec une différence.

Je veux terminer tout ça en félicitant le jeune homme qui a passé à la télévision, parce que je crois qu'éventuellement, ce sont des interventions comme la sienne qui vont permettre au gens que les trans, ou toute autre personne différente, ne méritent pas d'être traités comme de la m***** parce qu,ils ont le courage de vivre selon leurs convictions.

dimanche 16 janvier 2011

Beaucoup de bruit pour pas grand chose

J'ai finalement fait un rapide aller-retour à Montréal pour voir mon gynécologue pour mon rendez-vous post-opératoire d'hystérectomie. Une bonne douzaine d'heures de route en 2 jours, plus de 100$ de déplacements, tout ça pour me faire demander:"Tout va bien?" et me faire toucher ma cicatrice. Quoique ça m'arrange, j'avais peur d'avoir un examen gynéco XD Mes parents m'ont seulement fait penser après qu'il n'y a plus grand chose à observer. Ah, oui, j'ai appris que je m'étais fait enlever les trompes, je le savais même pas. Bon débarras.

J'ai aussi demandé ma lettre du gynéco pour l'État civil. Une petite lettre d'un paragraphe, qui m'aura coûté 40$ XD Au moins, avec ça et la lettre du Dr Brassard quand j'aurai enfin ma mastectomie, je ne devrais pas avoir de mal à faire mon changement de mention de sexe.

D'ailleurs, parlant du Dr Brassard, je suis toujours sans nouvelles. L'attente est longue, et je déteste me retrouver dans l'incertitude comme ça. Peut-être qu'ils attendent à mardi pour me donner ma date d'opération le jour de mes 11 mois de testo :) Mais bon, je ne suis pas à plaindre, au moins mon tour s'en vient.

lundi 10 janvier 2011

Nouvelle année, nouvelles aventures!

Je ne serai pas très original en souhaitant à tous l'éternel "Bonne année". Que 2011 vous apporte tout ce que vous souhaitez.

Pour ma part, j'aimerais que l'année 2011 soit celle ou je vais avoir mon opération du torse et où je deviendrai officiellement un homme aux yeux de l'État Civil. On peut toujours espérer.

Ma vie n'a pas vraiment changé depuis 2010. J'ai passé un bon temps de fêtes, je recommence bientôt l'école, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Je dois retourner à Montréal cette semaine pour mon rendez-vous post-hystérectomie (il serait temps, ça fait 4 mois aujourd'hui!), alors j'aurai une ligne ou deux à mettre sur le blog la semaine prochaine. Sinon et bien je suis sur le point de commencer un stage dans le cadre duquel je vais être appelé à cotoyer pleins de gens de mon passé, qui ne sont pas au courant de ma transition... J'ai hâte, mais ça me fait un peu peur quand même.

C'est fou comme les années passent, mais que rien ne change...

mercredi 15 décembre 2010

C'était il y a un an

Bon, ça y est, j'arrive dans la commémoration! Il ne se passe plus rien dans ma transition, à part que je vais devoir célébrer l'anniversaire d'un paquet d'évènements.

Ça fait 1 an que je suis allé à Montréal rencontrer un psy "spécialiste" de la question trans. C'est à ce moment là que ma tansition a vraiment commencé, que j'ai enfin commencé à sentir du réel, que dans le fond tout ça n'était pas qu'un rêve irréalisable.

Cela dit, je suis bien content d'être rendu plus loin et que tout ça soit derrière moi. Ça fait plus de 6 mois que je n'ai pas vu un psy, et je vais toujours bien, même mieux qu'avant.

J'ai eu des nouvelles de mon endocrinologue concernant ma dernière prise de sang, et tout va bien, je reste à la même dose même après l'hystérectomie. Ça fait bien mon affaire.

J'en profite pour souhaiter de joyeuses fêtes à tous! Je serai de retour en janvier, peut-être avec des bonnes nouvelles concernant ma mastectomie... Pour le moment j'attend toujours!

Donc Joyeux Noël et Bonne Année!