mercredi 6 avril 2011

Dans 3 mois...

Dans 3 mois, je serai à la clinique et j'aurai un tout nouveau torse, ou du moins je serai sur le point d'en avoir un. Je connais ma date depuis un mois et demi seulement, et l'attente commence déjà à être insupportable. D'un autre côté, je sais que je suis choyé, parce qu'au moins je sais quand est-ce que je passerai sur la table. Il y a plein d'autres gars pour qui l'attente sera encore bien plus longue.

Je devrais recevoir sous peu l'ordonance pour les tests pré-opératoires. Au moins ça me donnera de quoi occuper mon esprit. Comme si je n'en avais pas assez avec l'école...

J'espère travailler comme un fou durant les mois de mai et juin. Au moins le temps passera plus vite. Je ne suis pas vraiment nerveux, je suis juste impatient. Bien-sûr, il y a toujours la peur d'avoir un résultat plus ou moins beau et la peur de l'anesthésie. Mais j'ai tellement hâte que ce soit fait...

Cette opération a beaucoup d'importance pour moi. D'abord parce que ça me permettra d'aimer un peu plus de que je vois dans le miroir. Parce que je pourrai me débarasser du binder. Parce que ça va me rendre un peu plus à l'aise avec les filles. Parce que je n'aurai plus à me baigner avec un t-shirt. Mais aussi, une fois cette opération faite, je vais pouvoir envoyer les documents pour faire le changement officiel de mention du sexe. Je vais pouvoir régler tous mes problèmes administratifs.

3 mois. Plus que 3 mois.

jeudi 31 mars 2011

L'ignorance et la compréhension

L'ignorance fait dire n'importe quoi parfois...

Ce n'est pas la première fois de ma vie que j'entend quelqu'un dire quelque chose qui me dégoûte en parlant des trans. Mais c'est la première fois que je me sens attaqué et dégoûté à ce point.

C'est une bête conversation pendant la pause d'un cours qui a bifurqué sur le sujet trans. Bien-sûr, des fois les gens disent des choses maladroites parce qu'ils ne connaissent pas le sujet. Mais il y a des fois où ça dépasse les bornes.

J'ai déjà parlé d'Alexis Comte, un trans québecois qui a passé à plusieurs fois à la télévision. Ce gars là est une inspiration pour pas mal de trans FTM au Québec. Comme il a passé à la télévision, il a été vu par des milliers de personnes. Dont un gars de mon cours qui a dit:"J'ai vu une fille qui voulait devenir un gars à la télé. Elle voulait se faire poser un pénis." Fou rire général. o.O

Je ne crois pas qu'il m'a entendu quand je lui ai dit que ce n'était pas une fille, donc d'utiliser les bons pronoms. J'ai essayé d'expliquer ce que c'est d'être trans, la prise d'hormones... Mais il est difficile de parler en détail de tout ça sans dire que je suis moi-même trans. J'ai donc suivi la dernière partie du cours les poings serrés, avec une envie de vomir prise dans la gorge.

Ça peut paraître ridicule, enfantin de ma part. Mais j'ai vraiment été écoeuré par les propos de ce gars là. J'ai déjà fait un post sur un gars qui m'avait fait voir rouge par ses commentaires sur un documentaire sur les stéréotypes sexuels. Vous ne serez peut-être pas surpris d'apprendre que je parle encore du même gars. Je me suis senti attaqué. J'ai l'impression de ne pas être considéré comme un "vrai" homme. Peut-être que les mentalités des gens de ma classe changeraient s'ils apprenaient que je suis trans. Mais je préfère garder ça pour moi pour ne pas devenir une bête de cirque.

Garder ça pour moi... Jusqu'à un certain point. Pour la première fois aujourd'hui, encore ébranlé par la conversation de la pause, j'ai fait un coming out à quelqu'un de ma classe. J'en ai parlé à une fille que je savais ouverte, en qui j'avais confiance.

Cette fois, j'ai vraiment eu l'impression d'être accepté, d'être compris. Elle n'a pas posé de questions déplacées, tout a coulé de façon bien simple. J'ai pu me confier sans être jugé. Et bon, je dois dire que c'est toujours rassurant quand les gens disent qu'ils ne s'en doutaient pas ;)

J'ai beaucoup de chance de pouvoir compter sur de bons amis.

Des fois, je me dis qu'à la fin de mes études, je vais mettre tout le monde au courant, juste pour qu'ils se rendent compte que ce n'est pas si terrible d'étudier avec un trans...

mercredi 23 mars 2011

Ce n'est que partie remise

Ces derniers temps, je suis vraiment très occupé par mes études. Je travaille fort et j'essaie d'être studieux. Il reste seulement 5 semaines avant la fin de la session. La bonne nouvelle, c'est qu'en étant aussi occupé, le temps passe plus vite et ma mastectomie approche de plus en plus. Le mois de juillet est encore loin, mais il approche. La neige fond doucement, on voit bien que le printemps est commencé.

Dans mon dernier message, j'ai mentionné que je voulais commencer les démarches pour la phallo en prenant rendez-vous avec le Dr Brassard. Malheureusement, je ne peux pas reprendre rendez-vous tant que ma mammec n'est pas faite. La bonne nouvelle, c'est que je pourrai discuter de la phallo dans mes rendez-vous post-opératoires de mastectomie. Ça rallonge un peu le délai, mais je sauve un voyage à Montréal.

Sur ce, je retourne à mes livres...

jeudi 3 mars 2011

Le petit calendrier et début de nouvelles démarches

Je suis encore sur la vague de bonheur que m'a donné ma date de mastectomie. Je fais des petits X tous les soirs sur mon calendrier! Tout va pour le mieux, à part peut-être l'université, mais on ne peut pas tout avoir!

J'ai eu la bonne surprise récemment de me rendre compte que plusieurs trans FTM et MTF que je connais ont obtenu leur date de chirurgie avec le Dr Brassard, dans des délais moins longs que mon 4 mois et demi. Je me dis tant mieux, donc si vous passez ici et que vous attendez votre date, gardez espoir!

Je me suis décidé à commencer à démarcher pour ma phalloplastie. Je sais, il est tôt, mais comme les délais sont très longs avant d'être opéré, je devrai m'y mettre si je veux que mon parcours soit fini avant le fin de mes études dans 3 ans. J'ai donc écrit à la clinique du Dr Brassard pour prendre rendez-vous afin d'en discuter et de commencer à penser renvoyer mon dossier au CHUM pour le remboursement. Je n'ai pas de nouvelles depuis quelques jours, mais ça ne devrait pas tarder... Sinon et bien il y a toujours le téléphone XD En ayant rendez-vous cet été, j'ai bon espoir d'être opéré... À l'été 2013... Peut-être... Je croise les doigts.

mardi 22 février 2011

Tel que promis...

À la fin de mon dernier message, j'avais promis un prochain post plus heureux. Et bien le voici. Il est un peu en retard, mes obligations étudiantes ont pris le dessus ces derniers temps. Avec le stage, les études, le travail...

Vendredi dernier marquait pour moi un an d'hormonothérapie. Je pourrais écrire 5 pages seulement sur ce que la testostérone m'a apporté. Je ne suis plus le même qu'il y a un an, mais dans le bon sens du terme. J'ai plus confiance en moi, je commence à aimer ce que je vois dans le miroir. Avec le recul, je peux certainement dire qu'entamer la transition a été la meilleure décision de ma vie. Et le meilleur reste à venir. D'ailleurs, comme je n'ai pas vraiment envie d'écrire tous les effets des hormones dans ce post, vous trouverez un petit bilan dans la section hormonothérapie.

Donc vendredi matin, après un an de testostérone, je me suis levé bien tôt pour me rendre à l'heure à mon stage. Comme d'habitude, mon premier réflexe est d'ouvrir mon ordinateur... Et j'ai vu, dans mes notifications Gmail, un email de Suzanne... Bon, pour vous, Suzanne, ça ne veut sûrement pas dire grand chose. En fait, c'est la secrétaire du Dr Brassard, chirurgien québecois reconnu pour ses chirurgies de changement de sexe. Celui qui doit m'opérer pour ma mastectomie.

Donc voilà, j'ai appris dans ce email que ma demande de remboursement de l'opération avait été acceptée par le CHUM et que j'allais me faire opérer au début juillet :D

D'abord, je suis vraiment rassuré que la demande de remboursement ait été acceptée. Je n'avais pas vraiment les moyens de payer pour l'opération, et pour toutes sortes de raisons, je n'aurais probablement pas non plus été capable d'emprunter. Ensuite, le début juillet, ça paraît peut-être loin comme ça, mais ça va m'éviter de manquer des cours et ça tombe dans les vacances de mes parents. En plus, c'est un temps plutôt mort au travail, donc ma patronne n'a pas semblé être dérangée par tout cela. Comme l'Université ne recommence qu'à la fin août, je devrais être en forme pour y retourner sans problème.

Je compte maintenant les mois, les semaines, les jours avant le mois de juillet...

samedi 12 février 2011

Et si les journées avaient moins de 24h...

Ces temps-ci, je trouve toujours le temps long. Ce n'est pas que je suis particulièrement déprimé ou quoi que ce soit, mais je m'ennuie. Je ne suis pas particulièrement fasciné parce que j'étudie à l'Université, j'ai une vie amoureuse inexistante, et ma transition piétine.

J'aimerais pouvoir appuyer sur "FastForward" et arriver à ma date de mastectomie. Non, je ne la connaît pas encore, mais je voudrais-y être. Je crois que c'est ce qui me fatigue le plus ces temps-ci: attendre que le téléphone sonne. Une fois les heures de bureau terminées, j'ai juste envie d'être au lendemain pour savoir si je vais enfin avoir mon téléphone. Ça ne règlerait pas tous mes problèmes, mais il me semble que ça ferait du bien d'avoir un peu de joie ces temps-ci.

Je me plains tout le temps, je sais XD Je ferai en sorte que mon prochain message soit plus joyeux.

lundi 7 février 2011

Coming out inversé

C'est temps-ci je suis en train de vivre toutes sortes de choses en dehors de ma transition, des choses qui me font me rendre compte de l'importance du coming out inversé. Le fait de reveler votre passé à des gens qui vous connaissent seulement post-transition.

Quand je suis entré à l'Université en septembre, mon nom était presque changé officiellement, j'avais un passing assez bon pour que personne ne doute que j'étais un garçon. Je passais seulement pour un gars pas très viril. Je ne crois pas que personne ne soupçonne que je suis trans.

Sauf qu'il arrive un moment ou il faut en parler. Je développe des nouvelles amitiés de plus en plus proches et je me sens un peu mal de devoir "cacher" comme ça une partie de ma vie. C'est dans cette optique que j'ai fait mon coming out inversé à ma colocataire, avec qui je vis depuis maintenant 5 mois.

Je crois qu'elle était un peu sous le choc. Au départ elle ne me croyait pas, mais force a été d'admettre que je lui disais la vérité. Je ne crois pas qu'elle l'a mal pris, mais évidemment sur le coup ç'a été un choc. Elle était au courant de la situation trans, ayant connu quelqu'un en questionnement.

Pour moi, ce coming out a fait un peu mal. Ça fait mal de dire que tu n'es pas ce que les gens considèrent comme un homme complet, de devoir répondre à la question:"As-tu un pénis?". Contrairement à mes coming out précédents qui me faisaient sentir libéré, celui là a juste créé un espèce de vide en moi.

Je me sens mal. J'aurais tellement dû me la fermer.